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Injection de toxine botulique

 

L’injection de toxine botulique dans la paroi de la vessie est un traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique lorsque les autres traitements plus simples, dits de première ligne, ont échoué. C’est une technique simple dont il faut respecter les indications, mais qui nécessite périodiquement d’être répétée. Elle est utilisée depuis longtemps déjà chez des patients atteints de certains graves troubles neurologiques.

 

Le traitement de l’hyperactivité vésicale est parfois difficile, assez fréquents sont les cas où les traitements habituels dits de première ligne ne fonctionnent pas ou s’épuisent.

Lorsque l’hyperactivité vésicale est (elle n’a pas de cause connue accessible à un traitement) et que tous les traitements ont échoué, on se tourne naturellement vers d’autres solutions dont la mise en œuvre peut être complexe, mais qui laissent un espoir d’efficacité. L’injection de toxine botulique dans la paroi vésicale en fait partie.

 

Pourquoi l’injection de toxine botulique ?

 

La toxine botulique, produite par une bactérie, le Clostridium Botulinum, provoque une paralysie musculaire. Son effet sur l’organisme entier peut être mortel. Mais son usage médical sur certains organes choisis est particulièrement efficace.

Appliquée à la vessie, son utilisation provoque à des degrés divers la paralysie de la paroi vésicale. Il en découle le soulagement, dans bien des cas, des symptômes de l’hyperactivité vésicale. Mais cette paralysie thérapeutique peut aussi parfois entrainer une rétention vésicale temporaire, c’est-à-dire l’impossibilité d’uriner. Par ailleurs la toxine est progressivement résorbée par l’organisme, ce qui explique que l’injection ne soit efficace que durant 5 à 9 mois : la répétition périodique est donc nécessaire.

 

 

Qui peut bénéficier de la toxine botulique ?

 

L’utilisation médicale de la toxine botulique pour la vessie est une réalité déjà ancienne pour certaines personnes ayant de graves troubles neurologiques : ce n’est pas le sujet de cet article.

Son usage pour le traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique est plus récent : c’est ici notre sujet.

Avant que ne soit envisagée l’injection intravésicale de la toxine botulique pour le traitement de l’hyperactivité vésicale, il est nécessaire de remplir certaines conditions :

 

  • L’hyperactivité vésicale doit être idiopathique, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas avoir de cause connue accessible à un traitement spécifique.
  • Les traitements habituels doivent avoir été tentés et avoir échoué (principalement les médicaments antimuscariniques, les stimulants béta3 du sympathique, la rééducation, etc…)
  • Il ne doit pas y avoir d’obstacle à l’évacuation de la vessie, car il se produirait alors une rétention vésicale : ce point est facultatif si le patient a été clairement informé de la nécessité de se sonder lui-même pour pouvoir uriner (autosondage).
  • Tous les patients devant subir ce traitement doivent savoir et accepter que, dans 5% des cas, une rétention vésicale puisse nécessiter des autosondages pendant une certaine période.
  • Un calendrier mictionnel doit attester de la fréquence des symptômes gênants : fréquence et urgence des besoins d’uriner, incontinence par urgenturie)

     

 
 

Y a-t-il des contre-indications ?

 

L’utilisation de la toxine botulique n’est pas conseillée pour tout le monde. Il faut l’éviter en cas de grossesse, d’allaitement, en cas de traitement anticoagulant ou anti inflammatoire. Elle doit être évitée chez les personnes souffrant de maladies musculaires comme la myasthénie. De même on évitera ce traitement chez le sportif de haut niveau, car une certaine perte de tonus musculaire est possible.

 

Comment procède-t-on ?

 

La décision de procéder à l’injection de toxine botulique dans la vessie est prise en consultation d’urologie et respecte les conditions énoncées plus haut.

 

Il s’agit d’une intervention chirurgicale endoscopique (par les voies naturelles) sous anesthésie locale ou générale, en salle d’opérations. La préparation à l’intervention comporte un examen des urines (il ne doit pas y avoir d’infection) et éventuellement une consultation auprès du médecin anesthésiste. L’hospitalisation est volontiers ambulatoire.

 

L’injection est faite dans la paroi vésicale, avec une aiguille particulière et sous contrôle visuel en dix à vingt points différents.

Le résultat est jugé sur la facilité à vider correctement la vessie (en cas de mauvaise vidange, les autosondages sont nécessaire), puis sur l’amélioration des symptômes de l’hyperactivité vésicale. Une surveillance en consultation d’urologie est par conséquent nécessaire.

 

La première injection, selon le protocole français, est obligatoirement de 50 « Unités ». Cette dose pourrait ne pas suffire car la dose efficace est plus voisine de 100 Unités. Quoiqu’il en soit, la répétition de l’injection est nécessaire lorsque les effets se dissipent et que les symptômes gênants reviennent, ce qui peut prendre entre 5 et 9 mois, voire plus.

 

Avantages et inconvénients de la toxine botulique

 

La toxine botulique a de nombreux avantages : sa facilité de mise en œuvre, la simplicité de l’intervention et son efficacité immédiate. Par ailleurs, lorsqu’elle est efficace elle le reste longtemps au fil des réinjections.

 

Elle a cependant aussi des inconvénients : outre ses quelques contre-indications, elle peut parfois, quoique rarement, provoquer une rétention de la vessie obligeant temporairement à faire des autosondages pour vider sa vessie. Par ailleurs, les injections ayant un effet limité dans le temps, il faut périodiquement répéter les injections par la réalisation de la même intervention par les voies naturelles.