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Implantation d'un sphincter artificiel urinaire chez la femme

L’implantation d’un sphincter artificiel urinaire permet, par un dispositif hydraulique original, de remplacer la fonction de votre sphincter urinaire devenu insuffisant. Vous souffrez d’une incontinence urinaire complexe associant généralement une incontinence d’effort et une incontinence par urgenturie, parfois permanente. L’intervention est importante, des dysfonctions du système se produisent parfois au début, mais le résultat obtenu est généralement excellent sous réserve de l’expertise du chirurgien.

 

Lorsque votre sphincter est devenu trop faible pour fermer l’urèthre et si vous avez une incontinence urinaire (incontinence d’effort ou par urgenturie ou dès que vous changez de position), la seule solution vraiment efficace dont nous disposons est la mise en place d’un implant hydraulique pour le remplacer. C’est le sphincter artificiel. La cause de l’incontinence urinaire de l’homme est généralement une intervention chirurgicale sur la prostate (le plus souvent la prostatectomie totale pour cancer, plus rarement la résection endoscopique ou son équivalent par le laser).

 

Il se compose de trois parties, faites de silicone, reliées par des tubulures hydrauliques :

 

  • Un coussinet hydraulique gonflable qui entoure l’urèthre (c’est la manchette) : il est fermé quand la manchette est gonflée.
  • Un réservoir de liquide placé dans l’abdomen, qui sert à réguler la pression du système.
  • Une petite pompe olivaire placée dans la bourse à côté d’un testicule, qui vous permet d’actionner le sphincter c’est-à-dire de l’ouvrir en dégonflant la manchette pour uriner.

 

Conditions à réunir pour l’intervention.

Le sphincter artificiel est un implant onéreux, nécessitant une intervention assez importante, qui mérite d’être implanté après mûre réflexion, en tenant compte des caractéristiques de votre sphincter bien sûr, mais aussi du fonctionnement de votre vessie, de votre âge, de vos activités quotidiennes et de votre aptitude à vous servir correctement du système.

 

Autres possibilités

Des solutions plus simples existent, mais n’ont pas nécessairement, les mêmes efficacité et fiabilité dans le temps. Ce sont les bandelettes périnéales et les ballons ACT.

Le sphincter artificiel est la meilleure méthode quand l’incontinence urinaire est importante.

 

Préparation à l’intervention

 

La préparation à l’intervention est très simple : voir le médecin anesthésiste en consultation au plus tard trois jours avant l’intervention, faire un examen cytobactériologique des urines une semaine à l’avance au laboratoire d’analyses et être à jeun.

La préparation de la peau est importante et doit être très rigoureuse puisque l’on va introduire dans votre organisme un matériel étranger : l’infection serait une catastrophe. Cette préparation est débutée dès la veille, la peau doit être parfaitement propre et sans lésion. On recommande donc une douche et un shampoing désinfectants la veille au soir (type Bétadine), une douche du même type le matin de l’opération. La peau du pubis et du périnée, après tonte, sera brossée au savon désinfectant plusieurs fois. Toute préparation incorrecte peut conduire au report de l’opération. N’ayez surtout pas la mauvaise idée de vous raser.

 

 

 

Déroulement de l'intervention

 

L’intervention se déroule en salle d’opération, la stérilité de l’installation doit être très scrupuleuse. Une sonde de petit calibre est mise en place dans la vessie. L’anesthésie est générale.

 

L’opération ne peut pas se faire par voie naturelle ou vaginale car le risque d’infection serait inacceptable. On doit donc opérer par l’abdomen, par une incision horizontale au-dessus du pubis. Ceci permet d’aborder et de dégager prudemment la vessie et le canal de l’urèthre : cette phase initiale de l’opération peut être rendue très délicate si vous avez déjà été opérée dans cette région, ce qui n’est pas rare.

 

Il faut ensuite passer autour de l’urèthre pour y créer la place de la manchette : le risque est de provoquer une blessure la paroi vaginale toute proche. Elle établirait une communication avec la cavité du vagin et rendrait le risque d’infection tellement important qu’il faudrait renoncer à poursuivre l’intervention. Le chirurgien travaille donc très minutieusement et lentement.

 

Lorsqu’une place suffisante est faite pour la manchette, on la met en place en choisissant celle dont la taille s’adapte le mieux à la mesure de la circonférence de l’urèthre : ni trop grande ni trop petite. Le chirurgien dispose en effet de tout un jeu de manchettes différentes pour s’adapter à chaque cas.

 

Puis sont mis en place le réservoir dans l’abdomen (en dehors de la cavité péritonéale contenant les intestins) et la pompe dans une grande lèvre. Tous les éléments hydrauliques ont été préalablement purgés de toute bulle d’air et remplis de liquide (sérum physiologique). Les tubulures hydrauliques de connexion sont reliées entre elles solidement et hermétiquement.

 

Après les derniers contrôles des zones opérées, les cicatrices sont solidement refermées et la sonde vésicale conservée pour 48 heures.

Le sphincter artificiel doit être désactivé par le chirurgien, de manière à le laisser ouvert pendant toute la phase de cicatrisation qui dure six semaines.

Suites habituelles

 

Grace aux protocoles de lutte contre la douleur, les jours post opératoires ne devraient pas être pénibles : vous reprenez progressivement votre alimentation, votre mobilité. La sonde vésicale est généralement retirée au bout de deux jours. Votre sortie est possible 3 à 5 jours après l’opération selon les cas. Le sphincter étant désactivé, vous avez toujours une incontinence.

 

Une consultation de contrôle auprès de votre chirurgien est nécessaire pour vérifier l’absence de complication. L’activation du sphincter en consultation est faite à six semaines.

 

 

Complications

Des complications, quoique rares, sont possibles.

 

Avant l’activation du sphincter

En premier lieu l’infection post opératoire, qui se traduit à des degrés divers par de la fièvre, des douleurs anormales dans les régions opérées et parfois un gonflement ou œdème inflammatoire. C’est ce qui peut se produire de plus grave et justifie la préparation scrupuleuse, car la solution ne peut être, outre les antibiotiques, que l’ablation chirurgicale de tout le système.

 

Dans l’immédiat il n’y a pas d’autre risque de complication qu’un retard à la reprise du fonctionnement intestinal (transit), un hématome, une phlébite, une difficulté à vider la vessie. Tout ceci est fort heureusement rare.

 

Après l’activation du sphincter

 

Le risque d’infection à ce stade est beaucoup moins important. Une infection doit faire craindre ce que l’on appelle une érosion, c’est-à-dire la blessure de l’urèthre par la manchette. C’est la complication la plus grave car elle nécessite l’ablation du système, suivie d’une longue cicatrisation de l’urèthre.

Des mauvais fonctionnements du sphincter sont possibles. Les pannes sont généralement dues à un défaut hydraulique, une fuite de liquide, la déficience d’un élément. Elles nécessitent souvent une réintervention pour changer une pièce défectueuse ou la totalité du système. Le sphincter étant fait de silicone, les tissus vivants n’y adhèrent pas et c’est habituellement sans grande difficulté que l’on réalise l’échange de matériel.

La difficulté que vous pourriez avoir à vider votre vessie peut être liée à une mauvaise manipulation de la pompe. Certaines personnes croyant bien faire n’ouvrent pas vraiment le sphincter car elles ne pressent pas la pompe. Un contrôle de votre savoir-faire est donc parfois utile.

Des infections de la vessie (cystites) peuvent se produire. Votre urologue cherchera quelle en est la cause et s’efforcera de vous donner des conseils préventifs.

 

Résultat à long terme

 

Vous êtes désormais porteuse d’un implant : il ne contient aucun élément métallique et ne vous fait courir aucun risque au passage des portails électroniques (aéroports, magasins). En revanche il modifie votre urèthre : au cas où des soins médicaux nécessiteraient la mise en place d’une sonde vésicale, il sera alors nécessaire de désactiver le sphincter préalablement. Vous devrez en avertir l’équipe médicale et garder avec vous la carte de porteuse qui vous a été remise après l’intervention.

 

L’efficacité du sphincter artificiel est très bonne et fiable, l’incontinence est guérie dans une très large majorité des cas, même si peuvent parfois persister de très petites fuites pour des efforts importants. Le résultat peut se maintenir pendant des années, au-delà de dix ans et plus. Une surveillance régulière est conseillée.