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Neuromodulation sacrée

 

La neuromodulation est un traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique. Si les traitements habituels sont sans effet, la neuromodulation peut, dans certaines conditions, être très utile. Elle consiste à normaliser le comportement de la vessie en stimulant de manière permanente, faible et adéquate, la racine nerveuse de la vessie, habituellement la troisième sacrée S3. Elle nécessite un stimulateur implanté.

 

L’hyperactivité de la vessie est une anomalie du comportement de la vessie dont le retentissement sur la vie quotidienne est très pénible. Lorsque sa cause demeure inconnue (on dit alors qu’elle est idiopathique) et que les traitements habituels n’ont pas eu le succès recherché, la gêne quotidienne pousse bien entendu à chercher d’autres solutions : la neuromodulation sacrée en fait partie.

 

Pourquoi la neuromodulation ?

 

La vessie et son fonctionnement sont extrêmement dépendants du système nerveux, c’est-à-dire du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs (ou racines) qui en sortent pour desservir tous les organes du corps. La racine nerveuse destinée à la vessie chez la plupart des personnes est la troisième sacrée, la S3. Il y en a une de chaque côté.

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On s’est rendu compte qu’en stimulant cette racine avec un courant électrique très faible, on peut modifier le comportement de votre vessie, c’est-à-dire le moduler et faire disparaitre les signes désagréables de l’hyperactivité vésicale (fréquence des besoins, urgence des besoins, incontinence par urgenturie).

Pour obtenir ce résultat il faut que votre système nerveux soit en bon état, notamment qu’il n’y ait pas de lésion grave de la moelle épinière : la neuromodulation ne fonctionne pas chez une personne paraplégique (paralysée des deux jambes). Ceci montre que les centres nerveux du cerveau sont nécessaires à la neuromodulation : la stimulation électrique parcoure la racine S3, monte par la moelle épinière jusqu’au cerveau qui, en retour, donne l’ordre à la vessie de modifier son comportement.

Ces phénomènes sont parfaitement inconscients et indolores puisque la stimulation électrique est très faible et n’est pas ressentie. En revanche vous en observez rapidement les effets bénéfiques.

 

Qui peut bénéficier de la neuromodulation sacrée ?

 

La neuromodulation sacrée est produite par un stimulateur implanté dans le corps. Il s’agit d’un appareillage électronique performant et onéreux. On comprend donc qu’il y ait des conditions à remplir pour en bénéficier :

  • L’hyperactivité vésicale doit être considérée comme idiopathique, c’est-à-dire n’avoir aucune cause connue qui puisse être traitée.
  • L’hyperactivité vésicale doit avoir été tout d’abord traitée par tous les moyens connus et simples comme les médicaments (anti-muscariniques principalement, mais aussi béta 3 stimulants du sympathique), la rééducation et autres traitements considérés de première ligne.
  • Un calendrier mictionnel sur plusieurs jours doit attester de la fréquence des symptômes.
  • Il ne doit pas y avoir d’obstacle à la vidange de la vessie.
  • Il ne doit pas y avoir de lésion grave de la moelle épinière.

 

Même en respectant scrupuleusement les indications, on ne sait pas si la neuromodulation sera chez vous un succès. Il faut donc la tester.

 

Si vous souffrez d’une hyperactivité vésicale, vous aurez parcouru d’abord les différentes phases du diagnostic et reçu divers traitements avant que, finalement, confronté à des échecs répétés, on envisage pour vous la neuromodulation sacrée. Tout ce parcours, parfois fastidieux, aura été guidé pour vous par l’urologue. On a observé que lorsque l’hyperactivité vésicale a duré de nombreuses années, la neuromodulation est moins efficace : c’est une invitation à ne pas perdre de temps inutilement.

 

Y a-t-il d’autres solutions ?

 

Si l’on écarte par avance l’idée d’abandonner les traitements et de croire qu’il n’y a plus d’espoir d’amélioration, il existe d’autres solutions à côté de la neuromodulation : principalement l’injection de toxine botulique dans la vessie, mais aussi certaines solutions chirurgicales d’agrandissement de la vessie.

 

Le choix sera fait avec vous par l’urologue après avoir exploré les différentes solutions, leurs avantages et leurs inconvénients.

 

 

Comment procède-t-on ?

 

Dès lors que la décision a été prise avec vous de tenter ce traitement, deux phases successives se déroulent.

 

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L'électrode passera par le 3ème trou sacré

 

La phase de test

Il s’agit de la mise en place de l’électrode spécifique de la neuromodulation au contact de la racine S3 (droite ou gauche, peu importe). C’est une petite intervention sous anesthésie locale ou générale, en salle d’opération, avec toutes les précautions de l’asepsie pour éviter les infections.

Vous êtes allongé sur le ventre, l’implantation de l’électrode se faisant par une piqûre au niveau du sacrum (entre le bas du dos et le haut des fesses) et sous contrôle radiologique. Le médecin vérifie que la stimulation par l’électrode donne la réponse souhaitée, prouvant qu’elle est bien en place.

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La fine électrode a quatre pôles

 

Un stimulateur extérieur provisoire est connecté à l’électrode, un pansement provisoire est fait pour protéger le point où elle émerge de la peau, en haut de la fesse.

Le but du test est de savoir si la neuromodulation fonctionne dans votre cas. Vous allez donc porter le stimulateur à la ceinture pendant environ deux semaines et noter jour après jour les effets que vous ressentez : disparition des symptômes d’hyperactivité vésicale, amélioration partielle, échec. Pendant cette période vous devez prendre soin du pansement et ne pas le mouiller.

Toutes les observations sont consignées dans un calendrier mictionnel. L’urologue vous demandera un jour d’éteindre complètement le stimulateur et d’observer ce qui se passe.

Le test est jugé positif si l’on obtient une amélioration d’au moins 50% de vos symptômes.

En cas d’échec, il est possible de tenter l’implantation d’une nouvelle électrode. Plus généralement l’électrode est retirée et l’on envisage un autre traitement.

 

La phase d’implantation du stimulateur définitif

Si le test est positif, une deuxième petite intervention, sous anesthésie locale, permet d’implanter sous la peau, en haut de la fesse, le petit stimulateur définitif. Un pansement est conservé quelques jours et l’on veille à ce qu’il n’y ait pas d’infection.

 

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Désormais le système devient invisible, il ne vous gêne pas (vous percevez parfois à peine un petit fourmillement indolore) et fonctionne en permanence. Vous disposez d’une télécommande, d’utilisation très simple, qui vous permet de faire varier légèrement l’intensité de la stimulation ou d’arrêter le stimulateur.

 
 

 

Avantages et inconvénients de la neuromodulation sacrée

 

L’avantage de la neuromodulation sacrée est sans conteste son élégance, car elle respecte la physiologie du corps. Par ailleurs le stimulateur fonctionne en permanence et vous n’avez pas besoin de vous en préoccuper. Il n’y a pas de risque de provoquer une rétention vésicale (impossibilité de vider la vessie). Il n’y a pas non plus de risque au passage des nombreux portillons électroniques du monde moderne.

 

Les inconvénients viennent du fonctionnement même du stimulateur car il peut se faire que son efficacité soit variable et qu’il faille périodiquement revoir ses réglages (ce qui se fait simplement en consultation d’urologie). La thérapie peut éventuellement devenir un échec si, un jour, aucun réglage ne donne plus satisfaction. Au rang des inconvénients il y a bien sûr l’épuisement de la batterie qui oblige tous les 5 à 7 ans à remplacer le stimulateur.