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Les médicaments de la vessie et de la prostate

 

La prostate de l'homme ne doit pas être oubliée : des médicaments agissent sur l'obstacle qu'elle constitue au passage des urines. Les médicaments spécifiques de la vessie, principalement les antimuscariniques, peuvent atténuer ou supprimer ses contractions anormales, mais leur usage chez l'homme doit être prudent.

Les médicaments de la vessie

Les médicaments des troubles du comportement de la vessie sont d’usage très courant depuis déjà longtemps. Ils agissent principalement en atténuant ou en supprimant les contractions anormales de la vessie, sources d’incontinence par urgenturie. On utilise les mêmes chez l'homme et chez la femme. Cependant, chez l'homme, l'effet de ces médicaments peut être de ralentir la miction, voire de la bloquer : en effet la prostate représente un obstacle contre lequel la vessie a besoin de force (contraction) pour se vider. 

 

Les médicaments de la prostate

L'hypertrophie bénigne de la prostate peut retentir sur votre vidange vésicale, notamment en créant un obstacle à l'écoulement des urines. Il en résulte des symptômes de vidange. Si vous avez aussi une hyperactivité vésicale (urgenturie, avec ou sans incontinence), le traitement de l'obstacle est la priorité. Les médicaments agissant sur la prostate cherchent à soulager l'obstacle en permettant une meilleure ouverture de la sortie de votre vessie : col de la vessie et urèthre. Il en existe de deux sortes : les alpha bloquants du sympathique et les inhibiteurs enzymatiques

Les alpha bloquants

Lequel, pourquoi, comment?

Le système nerveux sympathique, qui échappe à votre volonté (il est autonome), agit en augmentant le tonus des muscles lisses qui sont très présents à la sortie de la vessie, dans la prostate et l'urèthre inital : on trouve principalement les récepteurs Alpha de ce système. En inhibant les effets Alpha du sympathique il est possible de favoriser l'ouverture de la sortie de la vessie lors de la miction, d'où une amélioration du débit de votre miction.

Les médicaments de ce type sont les alpha bloquants. Il en existe plusieurs, dont les principaux sont :

  • L'Alfuzosine, un des plus anciens
  • La Tamsulosine
  • La Silodosine, le plus récent.

Tous ces médicaments se prennent par la bouche, une fois par 24 heures, souvent le soir.

Le médecin qui vous prescrit un de ces traitements ne sait pas, par avance, si vous y serez sensible ou non. Les variations personnelles sont très nombreuses. Il faut donc toujours contrôler les effets du traitement lors de consultations ultérieures. Il est possible que celui qui vous convienne ne soit pas celui que prend une autre personne de votre entourage.

La surveillance du traitement ?

Améliorer votre confort : le médicament vous est prescrit car vous avez du mal à uriner. On ne traite pas quelqu'un qui ne se plaint de rien. Il faut donc s’assurer que :

  •  les symptômes gênants sont suffisamment améliorés : questionnaires de symptômes (IPSS).
  •  il n’a pas d’effets secondaires gênants : surtout l'hypotension orthostatique (vous avez des étourdissement lors de mouvements brusques), mais aussi l'éjaculation rétrograde (le sperme émis par la prostate va dans la vessie dont l'orifice - le col - est ouvert)
  •  la vessie se vide sans difficulté : débitmétrie, mesure du débit de votre miction avec un appareil spécifique. Venez à la consultation la vessie pleine.

Qu'observe-t-on?

  • Un traitement efficace n’a pas lieu d’être arrêté : il faut renouveler l’ordonnance.
  • Un traitement inefficace ou mal toléré doit être interrompu.
  • Un traitement insuffisamment efficace peut être renforcé ou modifié : en augmentant la dose si c'est possible (Silodosine), ou en changeant de molécule. C'est ici que l'on peut parfois associer à l'alpha bloquant un antimuscarinique, notamment lorsque l'hyperactivité vésicale persiste (urgenturie, fréquence des besoins).

 

Les inhibiteurs enzymatiques

Deux types de médicaments

  • les inhibiteurs de la 5 alpha réductase (finastéride, dutastéride, en prise orale quotidienne), dont l'effet est surtout de diminuer progressivement le volume de la prostate et qui n'ont qu'un effet limité sur l'obstacle prostatique et le débit de la miction. On les réserve habituellement aux cas ou la prostate est très grosse (plus de 40 g). Leurs effets secondaires principaux, quoique rares, sont sexuels. Ils diminuent de moitié la valeur du PSA. 
  • les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 : ces médicaments sont couramment destinés à l'amélioration de l'érection, mais on leur reconnait aussi des vertus en matière de vidange de la vessie (tadalafil, à la dose de 5 mg par jour). Leur effet sur le débit est dependant limité. Ils ont une contre indication formelle : l'utilisation simultanée de certains médicaments du coeur (risque d'hypotension gravissime).   

La surveillance du traitement

La surveillance est basée, comme d'habitude, sur l'amélioration des symptômes prostatiques et l'absence d'effet secondaire gênant. Si les effets sont insuffisants, il est parfois possible d'y associer un antimuscarinique afin de maitriser l'hyperactivité vésicale, à condition que le débit de la miction soit suffisant.

 

Le traitement de l'hyperactivité vésicale de l'homme doit donc tenir compte des éventuels troubles liés à la prostate et assurer un bon équilibre entre calmer la vessie et préserver la miction.