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Insuffisance sphinctérienne

L’insuffisance sphinctérienne est une faiblesse extrême du sphincter : il est incapable de maintenir la fermeture de l’urèthre. Il en résulte une incontinence souvent complexe très gênante (lors de l’effort, du besoin, la nuit…). Le traitement est difficile car on ne sait pas rendre sa force au sphincter. Les solutions proposées, souvent efficaces, peuvent être complexes et ne seront décidées qu’en fonction de votre cas personnel (âge, activités physiques).

 

L’insuffisance sphinctérienne correspond à une faiblesse telle du sphincter urinaire que sa pression descend en dessous de 20 cm d’eau (définition française).

 

Qu’est-ce que le sphincter et à quoi sert-il ?

Le sphincter est le muscle qui entoure le canal de l’urèthre pour le fermer et assurer la continence des urines. C’est un muscle soumis à la volonté (au même titre que ceux des bras et des jambes), que vous contractez énergiquement lorsque vous voulez vous retenir ou faire face à un besoin d’uriner.

 

 

Comment mesure-t-on le sphincter ?

La mesure d’une pression nécessite un manomètre. Pour mesurer celle du sphincter, on utilise une petite sonde que l’on introduit dans l’urèthre et la vessie, reliée à un manomètre externe. Cette mesure se fait au cours de l’exploration urodynamique.

 

Plus de détails. La sonde capte simultanément la pression dans la vessie et dans l’urèthre (donc dans le sphincter). La différence entre la pression du sphincter et la pression vésicale (on parle de gradient) permet normalement la continence puisque la pression du sphincter est, en dehors de la miction, beaucoup plus élevée que celle de la vessie ; cette différence assure la fermeture de l’urèthre et porte donc le nom de pression de clôture. Sa valeur normale est variable avec l’âge : elle correspond approximativement à 116 cm d’eau moins votre âge (par exemple, pour une femme de 46 ans, la pression de clôture normale est voisine de 116 - 46 = 70 cm d’eau). Il y a cependant beaucoup de variations et la mesure elle-même peut être entachée d’erreur.

 

Si le sphincter se dégrade, sa pression diminue et la pression de clôture diminue aussi dangereusement. L’insuffisance sphinctérienne est définie par une pression de clôture égale ou inférieure à 20 cm d’eau. Une pression aussi basse risque fort de devenir inférieure à celle de la vessie au moindre évènement qui pourrait augmenter la pression de la vessie (tousser, éternuer, se baisser, marcher, porter un paquet lourd, toutes les situations d’effort) : la conséquence immédiatement est une fuite par ouverture involontaire de l’urèthre, c’est-à-dire une incontinence d’effort. Mais l’insuffisance sphinctérienne diminue aussi vos capacités de retenue, de faire face à un besoin d’uriner qui, de ce fait, devient urgent.

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La pression du sphincter est une cloche très plate : insuffisance

 
 

L’insuffisance sphinctérienne a-t-elle des causes ?

Bien qu’il existe des causes naturelles de l’insuffisance sphinctérienne comme les accouchements traumatiques ou le vieillissement, on redoute toujours qu’elle puisse faire suite à des interventions chirurgicales sur la vessie, l’urèthre, le vagin ou la continence, surtout quand elles sont répétées.

 

Quel est le retentissement de l’insuffisance sphinctérienne ?

L’insuffisance sphinctérienne est pourvoyeuse d’incontinence urinaire, qu’il s’agisse d’une incontinence urinaire d’effort, d’une incontinence urinaire par urgenturie, d’une incontinence urinaire mixte ou d’une incontinence urinaire complexe. Dans tous les cas, l’insuffisance sphinctérienne constitue un facteur de gravité qui peut rendre plus difficile le traitement et plus élevé le risque d’échec. On dit que c’est une facteur de pronostic négatif.

En effet, la faiblesse du sphincter fait que le canal de l’urèthre a du mal à se fermer et à le rester. Elle peut donc diminuer l’efficacité d’une bandelette sous uréthrale, rendre insuffisant l’effet de médicaments anti muscariniques, ne pas être accessible à la rééducation pelvi-périnéale. L’insuffisance sphinctérienne représente un risque d’échec pour tous les types de traitements de l’incontinence, sans pour autant les contrindiquer. Une information précise doit vous être apportée concernant le pronostic, c’est-à-dire les chances de succès.

 

 

 

Existe-t-il un traitement de l’insuffisance sphinctérienne ?

Il n’y a pas, dans l’état actuel de nos connaissances, de traitement capable de restaurer une pression uréthrale normale. Cependant, pour un certain nombre de femmes, il suffirait d’une augmentation même minime de la pression de clôture pour voir disparaitre bien des incontinences surtout dans le cas de personnes âgées ayant des activités physiques limitées. Il est donc possible d’espérer des résultats fonctionnels satisfaisants par des traitements ne modifiant que très peu les performances du sphincter : traitement hormonal vaginal, vitamines, injection uréthrale d’agents comblants.

 

Lorsque l’insuffisance sphinctérienne se manifeste par une incontinence urinaire d’effort et qu’il existe une hypermobilité de l’urèthre franche, vous pourrez peut-être bénéficier d’une bandelette sous uréthrale, à condition d’accepter un pronostic réservé (risques d’échec) et que l’on fasse le choix de la meilleure bandelette (TVT).

 

Le seul traitement capable de restaurer un fonctionnement presque normal en cas d’insuffisance sphinctérienne est le sphincter artificiel de continence. C’est un implant hydraulique qui ne se substitue pas au sphincter naturel, mais s’y ajoute. Il permet la fermeture de l’urèthre avec une pression de clôture comprise entre 60 et 70 cm d’eau. La pression du bout des doigts sur une petite pompe placée dans une grande lèvre commande l’ouverture du sphincter et permet la miction. La fermeture est automatique. Moyennant une intervention d’une certaine ampleur et comportant quelques risques, c’est une méthode efficace, fiable et durable (plus de 20 ans d’expérience). 

 

Bien qu’il existe des moyens de faire face à l’insuffisance sphinctérienne, il s’agit d’une anomalie fort heureusement assez rare.