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Incontinence urinaire par urgenturie

L’incontinence urinaire par urgenturie se produit lors d’un besoin irrépressible d’uriner. Elle fait penser à un mauvais comportement de la vessie (hyperactivité vésicale) : s’il en existe une cause, il faut la trouver et la traiter. Mais il peut s’agir aussi d’une faiblesse du sphincter. Le traitement qui vous est proposé est souvent médical. La bandelette sous uréthrale n’est jamais le traitement de l’incontinence par urgenturie.

 

Qu’est-ce que l’incontinence urinaire par urgenturie ?

L’incontinence urinaire par urgenturie (ou impériosité) se définit par la perte involontaire d’urines lors d’un besoin d’uriner très pressant. Vous ne pouvez pas vous retenir, toutes vos fuites sont immédiatement précédées par un besoin urgent d’uriner. Le désagrément est d’autant plus grand si les besoins d’uriner sont anormalement fréquents (pollakiurie) la nuit et le jour. En revanche vous n’avez aucune fuite lors des efforts.

Ce type d’incontinence, relativement rare parmi les femmes jeunes, tend à devenir beaucoup plus fréquent avec le temps pour être le principal chez la femme âgée.

 

Causes de l’incontinence urinaire par urgenturie

Pour qu’il y ait une incontinence par urgenturie il faut soit un mauvais comportement de la vessie (elle est trop sensible, elle se contracte quand il ne faut pas), soit une faiblesse du sphincter (il ne vous permet pas de vous retenir), soit les deux.

L’association entre l’urgence des besoins (urgenturie) et leur fréquence (pollakiurie) constitue ce que l’on appelle l’hyperactivité vésicale. Ce qui nous intéresse ici c’est l’incontinence si elle accompagne cette hyperactivité. Mais la recherche de la cause est la même, qu’il y ait des fuites ou pas.

 

Faire la différence entre une cause vésicale et une cause sphinctérienne de l’incontinence par urgenturie est une recherche qui commence en consultation d’urologie.

 

La consultation

L’analyse de vos symptômes, tant de vos fuites que des autres signes éventuels (douleurs, brûlures en urinant, sensation de « boule » dans le vagin, difficulté ou lenteur pour uriner, saignements…) est particulièrement importante. L’examen de votre vessie et de son environnement est nécessaire : pour cela la vessie doit être pleine, dans toute la mesure du possible (ce n’est pas facile lorsque les besoins sont pressants). Les questionnaires de symptômes et le calendrier mictionnel sont ici particulièrement utiles et font même partie des exigences pour justifier certains traitements.

 

Après la consultation

Il est rare que l’on puisse dès la première consultation connaitre exactement la cause de votre incontinence par urgenturie (ou hyperactivité vésicale). En effet, le trouble de comportement de votre vessie pourrait être dû à une anomalie de la vessie ou de son voisinage (calcul, infection, polype, anomalie gynécologique, prolapsus – descente d’organes…) : il s’agit de causes dites organiques. Des examens complémentaires comme analyse des urines (examen cytobactériologique des urines), échographie ou autre imagerie, sont souvent nécessaires (l’échographie peut être faite dès la consultation si la vessie est pleine), de même que la cystoscopie, regarder dans la vessie.

 

Pour identifier une anomalie de comportement de la vessie ou du sphincter, une exploration urodynamique peut être indispensable : l’anomalie la plus caractéristique qu’elle puisse montrer est une contraction de la vessie (hyperactivité du détrusor, le muscle de la vessie) pendant la phase de remplissage, provoquant le besoin urgent. Mais il pourrait aussi révéler une extrême sensibilité de la vessie, une faiblesse sphinctérienne ou tout autre trouble de la miction (obstacle).

 

Traitements de l’incontinence urinaire par urgenturie

Le choix du traitement dépend principalement de la cause de l’incontinence : vésicale, sphinctérienne ou les deux.

Il est clair que lorsqu’une cause organique est identifiée, la priorité est de la traiter, quelle qu’elle soit.

 

Traitement précoce

Quand l’incontinence par urgenturie semble purement fonctionnelle (non organique), il est possible de débuter rapidement un traitement du symptôme (traitement symptomatique) : le médicament visant la vessie (anti muscarinique pour la relaxation de la paroi de la vessie), rééducation pelvi-périnéale. Mais la cause précise de l’incontinence étant souvent encore en partie inconnue à ce stade, il faut s’obliger à un contrôle des effets de ce traitement précoce pour éviter toute perte de temps au cas où il ne serait pas efficace.

 

Passée cette première phase, rapide mais imprécise, il vaut mieux ne décider de l’orientation du traitement que lorsque les explorations nécessaires auront été faites et que l’objectif du traitement sera clair.

On peut affirmer d’emblée que la mise en place d’une bandelette sous uréthrale (TVT ou TOT) n’est ici d’aucune utilité, ce serait même une erreur regrettable.

 

 
 

Cause vésicale

C’est le domaine des médicaments anti muscariniques (ou inhibiteurs du système nerveux para sympathique) : ces médicaments font tous partie de la même famille avec sensiblement les mêmes effets. Ils partagent tous la même contre-indication, le glaucome à angle fermé. Ils se différencient toutefois par l’importance de leurs effets secondaires (sécheresse de la bouche, constipation, effets sur la mémoire…) et par l’horaire de leur prise. Seul le médecin peut faire pour vous le bon choix. Certaines personnes seront plus sensibles à l’un qu’à l’autre, d’où l’importance d’évaluer les effets régulièrement. Leur meilleure indication est l’hyperactivité du détrusor (contractions non inhibées de la vessie)

Si ces médicaments ne sont pas efficaces on peut se tourner vers un stimulant Béta 3 du sympathique, le mirabégron. Ce médicament, mis sur le marché en janvier 2016, est contre-indiqué en cas d’hypertension artérielle mal contrôlée et n’est pas remboursé en France. Il a cependant une efficacité importante et durable. 

 

Dans certains cas, il vous sera proposé la stimulation du nerf tibial postérieur, en séances quotidiennes à domicile avec un stimulateur personnel très simple d’utilisation.

 

Cause sphinctérienne

La rééducation pelvi-périnéale a toute sa place ici si l’on pense pouvoir de cette manière améliorer votre capacité à vous retenir face au besoin : amélioration de la contraction volontaire du sphincter et du périnée (verrouillage du périnée), apprentissage d’une meilleure coordination (certaines femmes poussent en croyant se retenir). Ici encore il est inutile de vouloir prolonger un traitement inefficace au-delà de 15 séances. La rééducation a parfois le grand avantage d’une amélioration durable de vos capacités de retenue, qui permet d’arrêter ultérieurement les traitements anti muscariniques.

 

Correction des effets de la ménopause qui, en vous privant durablement d’hormones, détériore la qualité des muqueuses du vagin et de l’urèthre de même que le sphincter. On utilise l’acide hyaluronique ou, mieux, les œstrogènes en gélules vaginales (hormonothérapie locale).

Bien entendu ces différentes causes peuvent se combiner et justifier des associations de traitements.

 

Le succès d’un traitement par des médicaments invite à ne jamais l’interrompre, sauf avis de votre urologue. Le risque est bien sûr de revenir progressivement à la situation initiale en perdant tous les acquis de ce qui été fait. Une ordonnance a nécessairement une durée limitée : elle devra être renouvelée si le traitement est efficace.

 

Autres traitements après échec des premiers

L’échec d’une première proposition de traitement est une éventualité à ne jamais oublier. Autant l’explication des raisons de l’incontinence peut être assez claire, autant il n’y jamais de certitude du succès de tel ou tel traitement, tant les variations personnelles d’une femme à l’autre peuvent être grandes. Toujours il faudra évaluer les effets du traitement qui vous est prescrit et chercher le meilleur résultat possible : vous seule pouvez dire si l’amélioration obtenue est suffisante pour vous satisfaire ou pas.

 

Successivement, il sera peut-être nécessaire de vous orienter vers d’autres solutions plus complexes comme : l’injection intra vésicale de toxine botulique, la neuromodulation sacrée, ou d’autres techniques chirurgicales beaucoup plus rares (agrandissement vésical).