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Incontinence urinaire mixte

Si vous avez une incontinence mixte c’est que vous souffrez simultanément d’une incontinence à l’effort et d’une incontinence par urgenturie. Il y a donc sans doute plusieurs causes associées et le traitement qui vous sera proposé devra en tenir compte. Selon que l’une ou l’autre des deux incontinences vous gêne le plus, l’objectif principal du traitement est différent : vous comprenez l’importance d’une analyse précise de vos symptômes et de votre gêne.

 

L’incontinence urinaire mixte se définit par la coexistence chez la même personne d’une incontinence urinaire d’effort et d’une incontinence urinaire par urgenturie (impériosité du besoin).

 

La gêne quotidienne occasionnée est la raison principale de la consultation et du traitement qui sera proposé.

L’association de deux types différents d’incontinence qui ont chacun ses causes et ses traitements particuliers (incontinence urinaire d’effort, incontinence urinaire par urgenturie) vous fait comprendre aisément que la situation n’est pas toujours simple et que la consultation et l’analyse de vos symptômes doivent permettre d’établir des priorités et de faire les bons choix.

 

 

 

Deux types d’incontinence associés, mais lequel domine ?

Vous souffrez d’une incontinence mixte et votre gêne provient principalement de l’incontinence à l’effort ? Dans ce cas, il n’est pas rare que l’urgenturie vienne d’une adaptation de votre comportement et que le besoin étant ressenti comme une menace de fuite, il soit perçu comme urgent. Ou bien il y a un authentique trouble du comportement de la vessie ou une altération du sphincter. L’examen urodynamique doit faire la part des choses, mais le traitement pourrait être principalement celui de l’incontinence d’effort avec quelques réserves quant au devenir de l’urgenturie : disparaitra-t-elle ? L’information qui vous est donnée doit être très personnalisée.

 

Vous souffrez d’une incontinence mixte, mais votre gêne provient principalement de l’incontinence par urgenturie ? Dans ce cas c’est l’hyperactivité vésicale qui prédomine et il faut en rechercher la cause avec précision. L’examen urodynamique a une place importante dans les explorations. Le choix du traitement n’est pas toujours simple car il n’est pas certain qu’une seule méthode puisse maitriser simultanément vos deux types d’incontinence, certaines méthodes pourraient même être contre productives (bandelette sous uréthrale). C’est donc un domaine où la discussion avec l’urologue est très importante pour déterminer la gêne à traiter en priorité et le devenir des différents symptômes.

 

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Quelles sont les constatations médicales ?

Au décours de la consultation et des explorations complémentaires, notamment l’examen urodynamique, certaines constatations peuvent déjà orienter les décisions.

 

Hypermobilité uréthrale : la mobilité uréthrale excessive lors de l’effort (toux) est un élément positif pour le traitement de l’incontinence urinaire d’effort. Mais l’urgenturie associée, par ses causes particulières (trouble du comportement vésical, hyperactivité du détrusor, altération sphinctérienne), est un élément négatif du pronostic : elle peut, dans certains cas, faire craindre un échec. L’apport de l’examen urodynamique est ici essentiel. Il n’est pas rare qu’une femme qui voit disparaitre son incontinence urinaire d’effort après la mise en place d’une bandelette sous uréthrale (objet principal de la bandelette) ne soit pas satisfaite de la persistance de l’urgenturie (dont la bandelette n’est pas le traitement). Vous comprenez donc l’importance d’un diagnostic précis, d’une information claire donnée par votre médecin et des choix faits pour votre traitement en fonction de vos priorités.

 

Urèthre fixe : l’absence d’hypermobilité uréthrale lors de la fuite est un signe très en faveur d’une altération du sphincter, parfois importante (insuffisance sphinctérienne). Il s’agit clairement d’un élément négatif pour le pronostic. Le choix du traitement doit être très prudent, la bandelette sous uréthrale est contrindiquée.

 

Hyperactivité du détrusor : la constatation de contractions de la vessie lors de son remplissage (examen urodynamique) doit être prise très au sérieux. Ce doit être une priorité pour le traitement ; mettre en place une bandelette sous uréthrale dans ces conditions comporte un grand risque d’insatisfaction quant au résultat. L’incontinence par urgenturie doit donc être traitée en premier.

 

Prolapsus, descente de vessie, cystocèle : une cystocèle est une explication possible de l’urgenturie, elle doit donc être prise en compte dans la proposition de traitement.

 

Au travers de ces quelques exemples, il apparait que c’est l’incontinence par urgenturie qui vient fréquemment compliquer la situation. Elle est au premier rang des préoccupations lors du choix du traitement car elle peut altérer le résultat du traitement de l’incontinence d’effort. Une bandelette sous uréthrale ne peut guérir que l’incontinence à l’effort, laissant parfois inchangée l’urgenturie. La solution qui vous est proposée est très personnalisée et doit vous être expliquée en détails, notamment pour ce qui concerne le devenir possible de vos différents symptômes.