banniere_pages.jpg

Mise en place d’une bandelette périnéale chez l’homme

L’incontinence urinaire de l’homme fait suite le plus souvent à une prostatectomie totale pour cancer. Lorsqu’elle est minime à modérée, elle peut être traitée avec succès par une bandelette périnéale placée sous l’urèthre. Bien qu’elle ne puisse prétendre guérir dans tous les cas, sa simplicité conduit depuis une dizaine d’années à la proposer aux hommes gênés par leur incontinence. En cas d’échec il sera toujours possible d’implanter un sphincter artificiel sans difficultés.

 

L’incontinence urinaire, souvent à l’effort, complique 10% environ des prostatectomies totales pour cancer. Un certain nombre de ces hommes nécessite un traitement chirurgical de l’incontinence, notamment par la mise en place d’une bandelette périnéale.

 

Pourquoi l’incontinence ?

La dégradation de la fonction du sphincter urinaire (sphincter strié) après la prostatectomie est connue car le sphincter touche la prostate. Les techniques chirurgicales s’attachent à préserver autant que possible la continence, mais aucune ne peut l’éviter totalement : sur ce plan toutes les techniques de prostatectomie sont égales. Outre la dégradation sphinctérienne, on explique l’incontinence urinaire par diverses modifications du périnée qui entoure le sphincter. La plupart des fuites urinaires constatées après la prostatectomie disparaissent d’elles-mêmes, ou après rééducation, dans les six premiers mois. Au-delà de la première année, on considère généralement qu’il n’y aura plus de progrès.

 

Pourquoi la bandelette périnéale ?

L’excellente efficacité de la bandelette chez la femme a donné l’idée d’imaginer une bandelette masculine analogue il y a un peu plus de dix ans. Mais le mécanisme de l’incontinence, l’anatomie et les tests de diagnostic sont très différents chez l’homme. Pourtant la bandelette peut corriger l’incontinence urinaire à condition de ne la proposer qu’à certains hommes bien sélectionnés. Les résultats sont toutefois nettement moins bons que ceux obtenus chez les femmes.

 

rs.png

 

A qui peut-on proposer la bandelette ?

La mise en place d’une bandelette sous l’urèthre est une intervention de confort puisque son seul but est de faire disparaitre une incontinence urinaire gênante. Vous êtes donc en droit d’attendre un résultat, mais le médecin peut-il vous le garantir ? Seule l’incontinence urinaire après prostatectomie totale pour cancer est concernée. Si la bandelette est un traitement fréquemment efficace, nous ne savons pas à ce jour comment elle agit. Nous n’avons pas non plus de test médical capable de prévoir le résultat de l’intervention chez un homme donné. Ce n’est donc pas du tout comme chez les femmes. L’expérience a clairement montré que la bandelette périnéale ne donne chez les hommes des résultats acceptables que lorsque l’incontinence est minime à modérée (c’est-à-dire jusqu’à 200 g de pertes par jour) et lorsque le sphincter n’est pas trop affaibli. Les deux examens les plus importants sont donc le pad test (estimation de la quantité de pertes par jour) et l’exploration urodynamique (mesure du sphincter). Toujours dans le but d’obtenir un meilleur résultat, il est habituel d’écarter les hommes ayant eu une radiothérapie pour le traitement de leur cancer de la prostate.

 

Examen préalables nécessaires

Avant de confirmer l’opération, il faut s’assurer de l’absence de rétrécissement du canal de l’urèthre (mesure du débit urinaire – débitmétrie, cystoscopie, radiographie) et de trouble sévère du comportement vésical (exploration urodynamique)

 

Préparation à l’intervention

La préparation à l’intervention est très simple : voir le médecin anesthésiste en consultation au plus tard trois jours avant l’intervention, faire un examen cytobactériologique des urines une semaine à l’avance au laboratoire d’analyses et être à jeun.

La question de la préparation de la peau est importante puisque l’on va introduire dans votre organisme un matériel étranger, la bandelette. Cette préparation doit être faite dès la veille. La peau doit être parfaitement propre et sans lésion. On recommande donc une douche et un shampoing désinfectants la veille au soir (type Bétadine), une douche du même type le matin de l’opération. L’infirmière vous fera une tonte de la région du périnée, en arrière des bourses (surtout pas de rasage).

Toute préparation incorrecte peut conduire au report de l’opération.

 

 

Déroulement de l’intervention

L’intervention se déroule en salle d’opérations et sous anesthésie générale. Une sonde de petit calibre est mise en place dans votre vessie.

 

Il existe sur le marché plusieurs modèles de bandelettes qui ont toutes en commun le passage transobturateur : vous aurez donc toujours une cicatrice principale du périnée entre les bourses et l’anus et deux petites cicatrices latérales à la racine des cuisses, dans la région des muscles adducteurs. Certaines techniques ajoutent une petite cicatrice supplémentaire au-dessus du pubis.

 

jghfg.png

Incision du périnée 

 zfegrtdxg (1).png

Passage le l'aiguille gauche

 

La bandelette, en polypropylène mono filament, est introduite par le chirurgien par l’incision principale médiane, au contact du canal de l’urèthre, vers les deux petites incisions latérales à l’aide d’aiguilles spécifiques. Une fois mise en place, la bandelette doit être réglée et tendue selon des principes et une méthode qui varient d’un modèle à l’autre : contrairement au cas de la femme, il ne s’agit pas ici d’une bandelette sans tension. La cystoscopie simultanée est parfois utile.

 

dfg.png

Passage de l'aiguille droite

 

khuhuho.png

Chez l'homme la bandelette est tendue

 

Puis les cicatrices sont solidement refermées par des sutures résorbables. La sonde vésicale est conservée au moins 24 heures. L’hospitalisation se termine lorsque, la sonde étant retirée, on constate que vous urinez sans difficultés.

 

wsdfcgvbjk.pngwsxdfghgjbifcgvb.png

 

 

Suites habituelles

Les cicatrices latérales de la racine des cuisses peuvent parfois être très sensibles dans les premiers jours : c’est extrêmement variable, mais généralement de courte durée.

 

La miction peut être ralentie par certains modèles de bandelette : votre chirurgien vous l’aura expliqué avant l’intervention. L’important est de vider complètement la vessie, sans difficulté.

 

Les cicatrices ne demandent pas d’autres soins que l’hygiène locale. Le périnée étant une région mal aérée, ayant tendance à macérer et à se souiller à proximité de l’anus, un pansement est impossible à maintenir. Il vaut mieux laisser la cicatrice à l’air et la rincer régulièrement à l’eau claire, la sécher en tamponnant avec un linge, sans frotter et, le cas échéant, en utilisant un sèche-cheveux. La consultation de contrôle est nécessaire pour juger du résultat obtenu : Venez-y- la vessie pleine.

 

 

Complications

La survenue de douleurs de la racine des cuisses peut être considérée une complication lorsqu’elles sont intenses et se prolongent. Leur traitement pourrait, exceptionnellement, nécessiter l’ablation de la bandelette.

 

L’impossibilité d’uriner, ou rétention vésicale, peut se produire ; elle nécessite la mise en place d’une nouvelle sonde ou l’apprentissage de l’auto-sondage (le patient apprend à se sonder lui-même). Il s’agit d’un inconvénient souvent passager qui ne compromet pas nécessairement le résultat de l’intervention, mais peut conduire parfois à une réintervention.

 

L’infection est un phénomène heureusement très rare, mais elle compromet l’intervention et peut conduire à l’ablation de la bandelette. Ce risque justifie pleinement la préparation minutieuse de la peau avant l’intervention.

 

 

Résultats

Les résultats publiés sont assez homogènes et font état de 60% environ d’hommes sans aucune fuite après l’intervention. D’autres sont nettement améliorés sans pour autant abandonner les protections absorbantes. Mais ces résultats sont observés à deux ans de l’opération, ce qui est peu.

 

Avec le recul, il semble que la qualité des résultats se dégrade quelque peu. Les chiffres ne sont donc pas en faveur d’un soulagement durable de l’incontinence bien qu’il puisse y avoir de fortes disparités selon les techniques et les chirurgiens concernés.

 

Malgré ces perspectives, des hommes choisissent cette opération, en toute connaissance de cause, pour sa simplicité. L’autre choix serait en effet la mise en place d’un sphincter urinaire artificiel, aux résultats excellents, mais ayant de fortes contraintes pour une incontinence peu importante. Il faut ajouter pour conclure que la mise en place d’une bandelette périnéale pour la continence ne complique pas l’implantation ultérieure d’un sphincter artificiel.