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Mise en place d’une bandelette transobturatrice (TOT)

La bandelette transobturatrice est une bandelette sous uréthrale dont le seul but est de corriger une incontinence urinaire d’effort associée à une hypermobilité de l’urèthre. C’est une variante de la TVT, apparue en 2001. Son nom est dû à son trajet transversal spécifique. Elle est très utilisée, mais n’a pas les mêmes avantages et inconvénients que la TVT et elle est un peu moins efficace dans les cas difficiles. Son choix résulte de l’analyse de votre cas particulier et doit être expliqué par votre chirurgien.

 

La bandelette sous uréthrale transobturatrice s’est engagée en 2001 sur les traces et le succès considérable de la bandelette TVT rétropubienne. Elle se différencie de son ainée par son trajet qui passe au travers de l’os du bassin par le trou dit « obturateur » , pour ressortir de chaque côté à la racine de la cuisse dans la région des muscles adducteurs. Elle a donc un trajet beaucoup plus transversal que la TVT, ce qui lui donne des avantages, mais aussi des inconvénients.

 

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La TOT soutient l'urèthre et passe des deux côtés dans les "trous obturateurs" du bassin

 

Son action est la même que celle de la TVT : soutenir, lors de l’effort, l’urèthre anormalement mobile qui vient s’appuyer et se fermer sur elle. Elle est donc faite uniquement pour corriger une incontinence urinaire d’effort associée à une hypermobilité de l’urèthre.

 

            Les avantages : cette bandelette ne passe pas devant la vessie et ne prend donc pas le risque de la blesser : il existe cependant des exceptions, très rares. Par ailleurs, sa position très transversale n’enveloppe pas l’urèthre et comporte moins de risque de ralentir la miction.

            Les inconvénients : sa sortie à la racine de la cuisse peut s’accompagner de douleurs intenses de cette région, qui finissent presque toujours par disparaitre. Passant transversalement devant le vagin, elle y imprime un petit relief qui peut provoquer une gêne sexuelle. Enfin, sa position transversale constitue un soutien plus souple, moins solide sous l’urèthre, ce qui pourrait expliquer pourquoi la TOT est un peu moins performante que la TVT dans les cas difficiles (sphincter affaibli, urèthre peu mobile).

 

Le matériau de la bandelette est toujours le polypropylène mono filament. Il est parfaitement toléré par l’organisme, il n’y a pas de rejet et il est peu propice à l’infection.

 

Préparation à l’intervention

La préparation à l’intervention est très simple : voir le médecin anesthésiste en consultation au plus tard trois jours avant l’intervention, faire un examen cytobactériologique des urines une semaine à l’avance au laboratoire d’analyses et être à jeun.

La question de la préparation de la peau est importante puisque l’on va introduire dans votre organisme un matériel étranger, la bandelette. Cette préparation doit être faite dès la veille. La peau doit être parfaitement propre et sans lésion. On recommande donc une douche et un shampoing désinfectants la veille au soir (type Bétadine), une douche du même type le matin de l’opération.

On vous demandera aussi l’épilation préalable du pubis ou la tonte (surtout pas de rasage).

Si l’intervention est faite en ambulatoire, cette préparation vous est prescrite pour être faite chez vous. Toute préparation incorrecte peut conduire au report de l’opération.

 

Déroulement de l’intervention

L’intervention se déroule en salle d’opération, en position gynécologique. Une sonde est mise en place dans votre vessie. L’anesthésie est nécessairement générale.

Trois très petites incisions sont faites : l’une dans le vagin juste en arrière de l’urèthre (1,5 cm), deux autres à la racine de chaque cuisse (0,5 mm). La bandelette est introduite grâce à une aiguille spécifique dans le trajet qui mène de l’incision vaginale vers chacune des incisions latérales en passant dans les trous obturateurs, d’un côté puis de l’autre. On peut aussi passer dans le sens inverse selon les habitudes du chirurgien, en entrant par l’incision de la cuisse.

 

Lorsque la bandelette est en place, elle doit être réglée précisément pour respecter la règle absolue de la non tension : la bandelette TOT, comme la TVT, doit être lâche sous l’urèthre. Ce réglage est le fruit de l’expérience du chirurgien car il n’y a pas de test possible sous anesthésie générale.

 

Les trois petites cicatrices sont refermées par des points de suture résorbables. La sonde vésicale peut être retirée ou laissée pour quelques heures.

 

Vous pourrez rapidement boire, uriner lorsque vous en aurez besoin, après l’ablation de votre sonde. L’infirmière vérifie que votre vessie se vide bien (avec un petit appareil échographique nommé BladderScan). Si tout va bien, vous pourrez rentrer chez vous avec les recommandations du chirurgien.

 

Suites habituelles

Vous devriez noter rapidement les effets bénéfiques de la bandelette par la disparition de l’incontinence.

Lorsque vous videz votre vessie, souvenez-vous que la bandelette est faite pour fermer l’urèthre lors d’un effort : ne poussez donc surtout pas pour uriner !

La bandelette n’a pas été fixée lors de l’opération, elle se fixera d’elle-même en quelques semaines par la cicatrice qui se forme autour d’elle. Vous devez donc éviter de la solliciter trop au début : ne faites pas d’effort physique, ne soulevez aucune charge, ne faites pas de sport pendant au moins deux à trois semaines. Votre chirurgien vous donnera un conseil personnel en fonction de votre cas.

Les deux petites cicatrices des cuisses sont parfois sensibles pendant les premiers jours et peuvent gêner un peu vos mouvements. Un simple médicament anti douleur suffit en général à les soulager.

 

Les points de suture sont résorbables, il n’est pas nécessaire de les enlever, personne ne doit y toucher. Un vernis chirurgical appliqué sur les cicatrices latérales persiste quelques jours et vous permet de prendre des douches.

La petite cicatrice faite dans le vagin doit être respectée : n’ayez pas de rapports sexuels pendant un mois.

 

Un contrôle en consultation auprès de votre chirurgien est nécessaire au terme d’un mois environ.

 

Complications

Une blessure de la vessie est tout à fait exceptionnelle, mais elle n’est pas impossible.

 

Un hématome peut se produire si un petit vaisseau a été blessé. C’est un évènement très rare qui se manifeste par des douleurs post opératoires intenses.

 

Des douleurs de la racine de la cuisse, généralement d’un seul côté, peuvent survenir rapidement et être très intenses, rendant difficiles les mouvements et pénible le repos. Elles se calment généralement en quelques jours et nécessitent des médicaments anti douleurs puissants. Il est possible cependant qu’elles persistent plus longtemps : dans ce cas l’ablation de la bandelette peut être rendue nécessaire.

 

Bien que le trajet transversal de la TOT comporte peu de risques d’obstruer l’urèthre, la miction peut tout de même être ralentie, voire impossible, soit du fait de la bandelette trop proche de l’urèthre, soit du fait des qualités de votre vessie : votre chirurgien doit en chercher la cause et vous l’expliquer. Il peut s’agir d’un problème passager que se règlera de lui-même et vous aura fait perdre un peu de temps. Il n’y aura parfois pas de solution naturelle et il faudra alors, quoique de manière exceptionnelle, retoucher la bandelette pour la détendre sous une très courte anesthésie générale.

 

La persistance d’une urgenturie après l’opération est possible. Vous savez que la bandelette n’est pas faite pour la guérir. Cette question aura déjà été abordée lors de la préparation de l’intervention et vous le signalerez lors de la consultation de contrôle. En revanche l’apparition d’une urgenturie après l’opération est un phénomène anormal, mais heureusement rare (moins de 7% des cas).

 

A distance de l’intervention, il est parfois possible de constater une érosion de la muqueuse vaginale par la bandelette (qui réapparait à la vue dans le vagin). Désagréable, mais sans gravité, cette complication nécessite de retirer le fragment visible et de refermer la cicatrice, sous anesthésie générale, sans compromettre le résultat de l’intervention.

 

L’infection de la bandelette est très rare, mais peut nécessiter son ablation complète. Cette opération, simple au début, peut devenir extrêmement délicate avec le temps.

 

Si la disparition de l’incontinence urinaire d’effort vous apportera un soulagement que l’on souhaite durable, il faut vous souvenir que si un évènement anormal se produit ultérieurement au niveau de la vessie et de ses environs (infection, douleur,…), il faudra par principe penser à la bandelette et la faire contrôler par votre urologue.